J’ai lu pour vous :
Ridha Boukraa, Hammamet, Etudes d’anthropologie touristique, Centre de Publication Universitaire, Tunis, 2008
Extrait1 :
Contrairement à la maison de Henson, celle de Sébastien s’est dépouillée des objets occidentaux rappelant le style de l’époque. A part le dressing room de Flora, sa femme, dont les meubles sont de Jean Michel Frank, l’espace est rythmé par le blanc et le noir da peinture, le dallage et le choix du marbre. Matériaux et couleurs associés aux formes abstraites sont à la base du design de Sébastien. Ce n’est plus une logique de l’entassement mais de dépouillement, qui régit l’espace, peuplé d’objets ne tirant leur valeur que de leur forme et de leur matière. La fameuse table dont le plateau est taillé dans une seule pièce de marbre noir ; les chandeliers en fer forgé, à plusieurs branches portant des petites lampes à huile que Sébastien dessine en s’inspirant des chandeliers des mosquées ; la romanité est présente dans la baignoire en marbre blanc creusée dans le sol et imitant la structure d(un baptistère, la chambre de marbre noir qui tente par l’unicité de la couleur de créer une atmosphère de fantasmagorie psychédélique, les paillassons d’alfa de Hergla ainsi que les nattes traditionnelles qui couvrent les banquettes en maçonnerie révèlent l’attachement à l’artisanat local, les fenêtres à volutes en fer forgé, tapissées d’un claustral en bois s’inspirent du style de Sidi Bousaid, tout contribue à créer un univers exotique mais métamorphosé par une inspiration personnelle créatrice. Pp104-105
Extrait2 :
On peut facilement recenser ces actions de rénovation urbaine. Il débarrassa de son crépis l’enceinte fortifiée de la médina qui retrouve la netteté de ses pierres datant du XVIe siècle, ces mêmes pierres à travers lesquelles Klee perçoit « des regards et qu’il replacera dans ses toiles des années 30. » Sébastien nettoya et restaura la kasbah endommagée par l’occupation militaire française, durant plusieurs décennies, afin de restituer à Hammamet cette forme rectangulaire et encore anguleuse » que l’artiste suisse lui attribua dans son journal. Il aménagea des souks couverts, installa un bain maure, rénova les échoppes offertes aux artisans, créa un café maure aux pieds des remparts y imposant son style reconnaissable aux trois grands arcs qui reposent sur de frêles et hauts piliers formant trois portiques rythmés en alternance avec trois mûriers. De même, un marché aux poissons en voûtes basses est construit et un marché de fleurs est envisagé. Il fit disparaître les câbles électriques qui défiguraient la médina et interdit les antennes de télévision, les habitants pouvant se brancher sur une antenne collective, installée extra muros. Le minaret de la grande mosquée (XVIe siècle) ainsi que la coupole de Sidi Abdelkader El Jilani (XVIIIe siècle) sont badigeonnés en blanc. Sébastien fait percer une porte dans les remparts du coté Nord-ouest qui porta son nom.pp106-107
Extrait3 :
« De loin Hammamet semble posée sur la plage comme un immense château de sable. De ses remparts ne dépassent que le minaret blanc et quelques coupoles immaculées. Pour ne pas gâcher cette vision, les arbres de la kasba, qui dépassent seront coupés. » De même « les autocars n’auront plus le droit de stationner aux pieds des remparts. » Sébastien ira plus loin dans son projet de protection de l’environnement. Il envisage de déclarer « classé » tout le Golfe de Hammamet allant de Nabeul à Sousse Monastir : « Pas de route en bordure directe de la mer, affichages publicitaires interdits, pas de construction sans permis et pas de permis de bâtir si le style du bâtiment ne respecte pas l’esprit de l’architecture traditionnelle. » L’imposition d’un style traditionnel architectural s’accompagne de l’imposition d’un style de rapport entre bâti et végétation : « Pas de maison qui dépasse les arbres. » De même, respectant le domaine maritime et préservant la beauté naturelle de la plage, il interdit les « bâtiments visibles du bord de mer » qui doivent être enfouis dans la végétation.
Si le programme de Sébastien avait été appliqué, Hammamet aurait été le Carmel de l’Afrique, hautement commercialisée mais sévèrement protégée. L’exemple de Carmel montre que l’industrie touristique n’est pas nécessairement contradictoire avec la protection de l’environnement si l’homme est respectueux de la nature. D’après la légende, les cendres de Sébastien incinéré, furent dispersées sur la baie de Hammamet. N’a-t-il pas transformé sa maison en un sanctuaire voué au culte de la nature ? il voulait étendre le sanctuaire qu’il s’est construit à l’ensemble du Golfe de Hammamet, le déclarer Monument National comme le firent les Américains, en Californie, pour Yosemete et Death Valley. Monumentaliser la nature n’est-ce pas la sacraliser en la soustrayant aux appétits excessifs du monde profane de l’industrie ? Et en sacralisant la nature n’arrive-t-on pas à convertir le tourisme prédateur en une croyance respectueuse de l’environnement ? C’était le rêve de Sébastien et de ses successeurs. P109
Extrait4 :
Protection de l’environnement n’est nullement contradictoire avec le développement du tourisme, bien au contraire, elle lui garantit l’une de ses bases essentielles à savoir la beauté paysagère de la nature…. P146
J’ai lu pour vous:
Mhamed chammakh : Le Jardin des Henderson est un roman biographique retraçant la vie d’une élite cosmopolite qui a choisi de s’installer à Hammamet au début du siècle dernier. Les uns et les autres ont aimé Hammamet et l’ont faite connaître au monde à travers des invités de marque qui, à leur tour, ont adoré Hammamet, son golfe, son littoral, ses vergers et ses gens. La maison des Henson, avec les lignes pures et simples de son architecture méditerranéenne, nichée dans un écrin de jardins, reflète leur respect et leur admiration de la nature et de la beauté locale. Les Henson, les Sébastian, et les autres étaient aussi des pionniers de l’écologie à Hammamet…
LE JARDIN DES HENDERSON par Catherine Hermary-Vieille
Genre : roman biographique
Edition Gallimard, 1988
Nombre de pages : 476 pages

Extrait1 :
« il y a un train pour Hammamet à trois heures, dit soudain Bertie Guilbert, prenez-le. Vous logerez là-bas à l’Hôtel de France qui est modeste mais propre et accueillant. Promenez-vous d’abord à l’intérieur des remparts de la ville indigène, puis sortez par la porte de la mer et marchez sur la plage, droit devant vous. Vous reconnaîtrez votre place, elle vous attend, probablement un simple jardin villageois planté de cactus, de figuiers et d’amandiers. N’ayez pas des yeux mais un regard, allez au-delà des apparences. » pp280,281
Extrait2 :
« Veux tu nous amener dans la vieille ville, Meuftar ? » demanda Patrick.
Le garçonnet eut un large sourire.
« Oui, bien sur. »
Ils se levèrent et sortirent tous les trois. La chaleur à nouveau les saisit et l’odeur âcre de la poussière que soulevait un vent chaud, venu du sud. Meuftar marchait vite, ils avaient du mal à le suivre. Les remparts d’Hammamet semblaient surgir du sable et de la mer, défendant un ciel bleu rose ou couraient des nuages, des maisons blanches à terrasses pressées les unes contre les autres de chaque coté des ruelles ombreuses. Chaque ligne, chaque angle, était droit, d’une simplicité excluant toute fioriture, exaltant le blanc de la chaux, le bleu du ciel, le noir des grilles de fer forgé qui masquaient les fenêtres donnant sur la rue. Après l’agitation de la ville moderne, la médina parut étrangement calme à Patrick et Elaine, fraîche, secrète et hospitalière, un monde arrêté, fermé sur lui-même…pp283,284
Extrait3 :
Ils sortirent par la porte de la mer, escaladant des monticules de sable poussé par le vent, des cailloux, des détritus. La baie, d’une beauté incomparable se déroulait devant eux, doucement arrondie, ceinturée de sable blanc entre la Méditerranée et les jardins des villageois. A l’horizon, le soleil couchant posait un masque rose et le mouvement lent, précis des vagues venait caresser le sable.
Meuftar était rentré chez lui, Patrick et Elaine, seuls, s’arrêtèrent devant la mer. L’un et l’autre avaient soudain la certitude que rien ne leur manquait plus, que cette baie, cette lumière, composaient leur alchimie du bonheur…. Ils marchèrent, en silence, le long de la baie. Des odeurs d’eucalyptus, de jasmin, venaient des jardins et celle du bois brûlé, sensuelle et sèche dans la douceur du crépuscule. Un oiseau de mer les survola un instant poussant de grands cris avant de se lancer vers le large, entraîné par le vent. p284,285
Extrait 4 :
Les plantes occupaient son esprit comme les notes d’un musicien. Dans sa tête s’enlaçaient les fougères, les bougainvillées, les acacias les lis belladones, lauriers-roses, les yuccas, en une symphonie si ample qu’il était parfois comme enivre. Assis sur le sol de son jardin, il y enfonçait les doigts, sentait sur sa peau la fraîcheur de l’humus, la chaleur du sable. La terre collait ses mains, il les frottait longuement l’une contre l’autre, les approchait de son visage pour en découvrir l’odeur. Sa terre… une rencontre plus grisante qu’aucune rencontre amoureuse parce que sereine, ouverte, souveraine…p361
Extrait 5 :
Au contact des nomades, Patrick découvrit l’importance de l’eau, sa valeur. Le Jardin avait son puits, il décida de le partager, fit construire un abreuvoir le long de son mur afin de que les bédouins puissent y boire en passant. C’était pour lui un bonheur très grand de pouvoir se montrer généreux et secourable, l’âpreté de la vie dans les montagnes de Géorgie ne permettait pas d’être trop humain, la légèreté de l’existence dorée qu’il menait à Paris rendait vaine la bonté. P363
Extrait 6 :
Patrick était au jardin, élaguait, greffait, plantait encore des espèces nouvelles. Sous ses doigts, la végétation semblait éprouver un plaisir extrême, s’épanouir, comme un cors de femme. Le jardin avait changé jusqu’à son comportement sexuel, il ne faisait plus que rarement l’amour… p378
Extrait 7 :
« Et maintenant, dit Patrick, je vais vous demander de me rapporter deux anguilles de Tunis, un male et une femelle, vivant bien entendue. »
Le petit groupe resta interdit devant cette exigence bizarre, les ouvriers souriaient, Patrick éclata de rire.
« Les sorcières de Géorgie m’ont confié des recettes que le monde a oubliées, hommes de peu de foi ! Je vais vous les apprendre. Prenez-en note, cher Andréa, vos ingénieurs de Tunis
n’auront pas ce pouvoir de maintenir pure l’eau de votre source. Si vous mettez un couple d’anguilles au fond d’un puits, elles vont, mues par leur instinct ancestral, s’agiter afin de regagner la mer et s’y reproduire. Le mouvement qu’elles donneront à l’eau, les parasites dont elles la débarrasseront pour se nourrir,
elles et plus tard leurs enfants, garderont sa limpidité. Je vous donne ce secret en gage de notre futur et excellent voisinage. Et maintenant, Abdel va tuer un mouton. Ce soir ce sera fête ! Prépare le couscous, des pâtisseries, je veux tous nos amis dans le jardin du marabout Henderson ! » pp383, 384
Code de bonne conduite en forêt
* Je prends soin de la forêt, je l’aime et la respecte car elle aussi me protège et me ressource.
* Je ne cueille ni fleurs, ni plantes, ni fruits, ni ne taille dans l’écorce des arbres.
* Je reste sur les chemins pour éviter de piétiner la flore et déranger la faune.
* Je tiens mon chien en laisse afin qu’il ne dérange pas la faune et les autres utilisateurs de la forêt.
* Je garde mes déchets et les jette à la poubelle.
* Je n’allume pas de feux en forêt, le danger d’incendie et plus réel qu’il ne paraît.
* Je respecte les équipements, les signaux et les règlements en vigueur.
* J’évite de faire du bruit, j’écoute la nature et ne trouble pas le silence de la forêt.
* Je suis courtois avec les autres usagers de la forêt et à l’écoute du forestier.
* Je préviens les gardes forestiers lorsque j’observe une anomalie en forêt.
Faites de lui un éco citoyen
On n’est jamais trop jeune pour respecter l’environnement au quotidien. Voici quelques mesures simples à adopter avec votre enfant.
Eviter de trop consommer
Comment : D’abord en commençant par réparer, voir « customiser » ou recycler ce qui peut l’être : un vieux vêtement démodé peut, par exemple, faire office de déguisement. En privilégiant, ensuite, le troc à l’acte d’achat : s’échanger un jouet, un livre, un CD… peut permettre la confrontation de points de vue. Dans le même ordre d’idée, emprunter dans une médiathèque ou une ludothèque évitera un achat à usage… unique.
Acheter local, respecter les saisons
Comment : Rien de plus simple. Cela revient, par exemple, à refuser de manger des fraises en hiver. Autrement dit, à privilégier les produits de saison. Un acte de foi qui vise à réduire les dépenses d’énergie et les pollutions diverses occasionnées par la culture et l’acheminement des fruits et légumes poussées sous d’autres latitudes : serres chauffées, conservateurs chimiques, transport, réfrigération…
Limiter les produits trop emballés
Comment : Exit, notamment, les mini doses ou les portions individuelles (biscuits, fromages…) conditionnées à l’unité, bien souvent suremballées de surcroît. Les formats familiaux, les produits en vrac et les écorecharges sont à privilégier. Le goûter ou l’en-cas parfait ? Une « boite à tartine » et une gourde réutilisable. Pas de canettes, briques, papiers, aluminium, plastique… Rien à jeter !
Etre actif à l’école ou dans son quartier
Comment : En prenant des initiativess. L’école est un lieu propice : participer au programme « Eco-Ecole » (www.eco-ecole.org) pour faire de son établissement un lieu exemplaire en matière de protection de l’environnement, créer un club « nature », écrire un blog, organiser une campagne de nettoyage avec le quartier…
S’impliquer dans la vie locale, c’est aussi participer aux conseils municipaux d’enfants (www.anacej.asso.fr) pour tenter d’influer sur les décisions des politiques.
Des livres qui donnent des idées
A lire en famille, ces ouvrages-clés répertorient tous les gestes pour devenir un parfait éco citoyen.
- « Touche pas à ma foret ! » La BD écolo des ados, Casterman/Géo,8,95 Euro
- « Le petit livre vert pour la terre », Fondation Nicolas Hulot, Téléchargeable gratuitement sur le site www.fnh.org.
- « J’aime ma planète », Milan jeunesse, 6Euro
- « Planète attitude- Pour protéger la nature et sauver les animaux », Seuil junior, 15Euro
- « 50 gestes pour la terre », De La Martinière jeunesse, 13Euro
Carole de Landtsheer
Femme Actuelle, 31déc au 6jan 2008
Le petit geste de Marc Veyrat
« Je privilégie les produits locaux qui ne sont ni transportés, ni cultivés sous serres, ni chauffés ou réfrigérés. Un fruit importé hors saison consomme, lors de son transport, 10 à 20 fois plus de pétrole. »
Femme Actuelle, Dec.2007
1- Code forestier et textes d'application , publications de l'impremerie officielle de la république tunisienne, 2001.
2- Code des eaux, publications de l'impremerie officielle de la république tunisienne, 2001.
3- La Nature assassinée , Bill Mc Kibben, Press Pocket, 1990.
4 - Environnement et développement, Abdellatif Bénachenhou, Encyclopédie de la Méditerranée , Edisud, 1998.
5- Mal de terre , Hubert Reeves, Seuil, 2003.
6- L'environnement et sa protection par le droit, par Chikhaoui Leila, Dr en droit., publications du centre de recherches et d'études administratives en collaboration avec la fondation Hanns Seidel, 1998
7- Marcher, méditer, Michel Jourdan / Jacques Vigne,
Référence légale : Code forestier et textes d’application, publications de l’imprimerie officielle de la république tunisienne 2001
Code forestier
Titre I
Du régime forestier
Chapitre I
Dispositions générales
Article premier :
Le patrimoine forestier est une richesse nationale. Sa protection et son développement constituent une exigence fondamentale de la politique nationale de développement économique et social.
Il est du devoir de tout citoyen de contribuer à son extension et à sa sauvegarde.
Article 2 :
Le régime forestier est l’ensemble des règles spéciales s’appliquant aux forêts, nappes alfatières, terrain de parcours, terres à vocation forestière, parcs nationaux et réserves naturelles, à la faune et à la flore sauvages, dans le but d’en assurer la protection, la conservation et l’exploitation rationnelle et aussi de garantir aux usager l’exercice légal de leurs droits.
Article3 :
On entend par forêt, toute formation végétale d’origine naturelle ou artificielle composée d’une ou plusieurs espèces forestières « d’arbre » d’arbustes ou de broussailles à l’état pur ou en mélange.
On entend par terre à vocation forestière, tout terrain qui pour des raisons écologiques et économiques trouve sa meilleure utilisation dans l’établissement d’un forêt.
On entend par nappe alfatière, tout terrain couvert essentiellement d’une végétation alfatière.
On entend par terrains de parcours, les terrains non cultivés couverts d’une végétation spontanée ou introduite, herbacée ou ligneuse pour servir de nourriture pour le cheptel.
On entend par faune sauvage, toutes espèces animales non domestiques, vertébrés ou invertébrés.
On entend par flore sauvage, toutes espèces végétales naturelles se développant dans n’importe quel milieu...